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De Delhi à Karachi au Pakistan, en passant par le nord, Gilgit. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Administrator   
28-08-2006
La prise de la Bastille
Nous vous avions quitté juste avant le 14 juillet. La réception à l’ambassade a été à la hauteur de nos espérances : camembert et fromage, charcuterie, vin, champagne, petit four, du bon pain, a volonté… On pourra dire que nous avons fait grandement honneur à la France. Merci vos impôts !
 
Chez les sikhs, en Inde
Arrêtés dans un hôtel pour trouver une chambre (il est difficile de camper et il fait trop chaud), nous sommes invités par des sikhs qui ripaillent. La religion sikh se remarque au turban porté par les hommes. Ils n’ont pas le droit de fumer mais l’alcool est très apprécié.
La beuverie continue, l’alcool coule à flot, de gros billets circulent. Enflammés, ils nous invitent chez eux, un village perdu dans les champs. Le tridem doit nous suivre dans le coffre mais dans un sursaut de lucidité ils réalisent qu’il ne rentrera pas ! Nous partons à 7 dans leur voiture. Je me rassure comme je peux en pensant qu’il tient plus à sa voiture qu’a sa femme… La police n’est pas un problème, le responsable de la région était avec nous.
Tout change chez eux, il faut être sérieux et nous sommes présentés a toute la smala. Ambiance très familiale. Nous visitons tout le village, prenons des thés à droite a gauche et finissons par dormir dans la seule pièce climatisée du pâté de maisons. Toutes nos affaires sont dans le coffre et la voiture est repartie, elle ne reviendra qu’au milieu de la nuit.
 
Amritsar, environ 1 million d’habitants
Nous retrouvons Joginder Singh Kalsi à Amritsar, rencontré au Mc do la veille. Il nous promet un logement chez son cousin qui a une usine de machine à fabriquer le carton. C’est un piège, lorsque nous y arrivons, la presse a été convoquée, 3 journaux, 2 télés, interview par téléphone en anglais local, le maire vient nous saluer… mais toujours pas d’endroits pour dormir. Finalement, nous sommes laissés à 5 km de la ville, dans un hôtel en construction ; très pratique pour visiter celle ci.
Une nuit très difficile. Encore une coupure d’électricité. Il fait trop chaud dans les chambres, le ventilo ne tourne pas, nous dormons dehors. Assaillis par les moustiques nous nous réfugions sous nos tentes moustiquaires. Puis il se met à pleuvoir, nous nous déplaçons à l’abri. Au milieu de la nuit, Ambroise se redresse et vomit à ses pieds, impuissant, tout en tentant d’ouvrir la fermeture éclair de la tente. Nous finissons la nuit sans tente, pour être agresses par les mouches au lever du jour. Nous déménagerons pour un hôtel de la ville !
 
Lahore, Pakistan
Nous sommes accueillis par le père Morris, un gros pot de glace délicieux à la main, alors qu’il n’était pas au courant de notre arrivée. Martin et Marie-Victoire, ma sœur, nous y rejoignent pour un mois de voyage.
Discussions passionnantes avec le père sur l’extrémisme, le travail des enfants, l’Islam et l’Europe.
Nous visitons le vieux centre. Pas facile pour Marie-Victoire qui est dévisagée sans mesure, avec ou sans voile c’est pareil. Pour les pakistanais, un blanc est un catho américain…
 
N’ayant obtenu le visa iranien, nous devons rouler au Pakistan. Le choix du trajet est facile : au sud, une ceinture de talibans, à l’ouest, le Baloutchistan avec ses enlèvements de touristes, au nord-ouest les régions tribales ou l’armée ne se risque même plus et le nord, une belle route entre les montagnes. Lequel a-t-on pris ?
 
Sur la KKH
Nous partons à l’assaut d’une des routes qualifiée par les cyclos comme la plus belle du monde appelée KKH (Karakorum Highway). Elle part d’Islamabad et va se perdre à la frontière chinoise 800km au nord.
 
Les Pakistanais sont très accueillants, un peu trop parfois. Ils nous invitent au resto, à prendre un thé ou nous proposent de tirer notre engin.
Habitude étrange : boire à la soucoupe le thé bouillant qu’on y a verse pour le refroidir.
Un soir, un chrétien nous poursuit en touk-touk pour nous inviter dans sa communauté. Nous laissons les affaires dans l’église mais ne pouvons y dormir en raison des risques d’attentats. Parfois une église brûle… Fier d’être chrétiens, ils débouchent une bouteille d’alcool frelaté. Ici, les chrétiens ont un permis pour acheter de l’alcool, qu’ils revendent discrètement aux musulmans !
La femme, celle qui parle le mieux anglais, confie à l’écart à Marie Victoire, ses difficultés, surtout liées à la condition de la femme. Ils me demandent si j’accepte que ma sœur dîne avec nous ! Elle lui fait don d’une Shawar Kamis, vêtement traditionnel.
Amusant, ils n’ont jamais vu de blancs que dans les films, nous sommes donc des bêtes curieuses ; ici, Jean Paul II est encore vivant, les nouvelles n’arrivent pas vite.
 
Martin fait sensation en dessinant monuments ou scène de vie, il fait une belle concurrence au tridem. Cote santé, Marie Victoire et Martin ont un peu de mal, des problèmes "coloniaux" lorsque ça veut bien rester. Mais ils résistent, même s’il arrive que le tridem les double en montée !
 
Un soir, dans une ville bien sombre (pas d’électricité) nous nous faisons escorter par 2 flics en kalach pour nous protéger. Ici, ils sont nos meilleurs amis, toujours près à noter notre nom dans un registre. Parfois nous campons près de leur château fort playmobil, entouré de champs de cannabis sauvage ! Ici ils bordent la route et nous enivrent toute la journée de leur parfum.
 
Un matin, la route est bloquée par de nombreux glissements de terrain. C’est impressionnant : la route fendue, un camion emprisonné dans une coulée de boue, pont emporté, montagne de rochers effondrés. Nous attendons que les pelleteuses finissent de déblayer, cela fait 3 jours qu’elles travaillent. Le travail est long car ils ne peuvent utiliser d’explosifs, la route disparaîtrait. Nous passerons avant les 4x4, 10km où il faut porter, tirer, pousser notre bête. Cela se reproduit plusieurs fois, nous n’avons pas de chance, parfois c’est juste un champ de boue. Cela nous oblige à prendre une grande marge de sécurité pour notre retour, un avion nous attend à Karachi.
 
On profite de plus en plus de la lenteur des camions pour s'y accrocher en montée.
Le paysage s’élève doucement le long de l’Indus et après 15 jours nous sommes dans des vergers, entoures, de monstres de 7000m enneigés, panoramas féeriques.
 
Le retour
Nous avons retraversé tout le Pakistan en bus et train, au total 57h de transport !
A Islamabad, nous nous offrons le luxe d’un dîner dans un palace pour le prix d’un Mc do français. Ambroise et Martin improvisent un concert piano-trompette dans le hall qui fait sensation.
Nous prenons l’avion de Karachi pour Istanbul dans quelques heures, ce qui achève de délester le compte en banque de l’association !
Nous allons passer par la Grèce, l’Albanie, l’Italie pour arriver à Paris le 8 octobre à 15h30 devant l’école militaire. On vous propose de se retrouver là-bas autour d’un petit apéro. Nous migrerons ensuite sur la pelouse du champ de mars (c’est à 50m, pour les provinciaux). En cas de pluie, nous serons mouillés, mais ceux qui le désirent pourront s’abriter sous le kiosque, a 50 m au nord est de la dite pelouse.
 
Tous très contents de bientôt vous revoir
 
Benoît
Dernière mise à jour : ( 28-08-2006 )
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