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Ecrit par Contant   
06-03-2006
 Beaucoup de choses a raconter depuis l’Argentine. Apres avoir fêté nos 10 000km du coté de Jujuy, nous avons bifurqué vers le Chili, pour rejoindre très vite le sud ouest de la Bolivie. On peu dire qu’on n’a pas chomé ces derniers jours, et cela mérite bien un long mail avec des gros titres.


Dopé à la coca, le tridem prend de l’altitude

La cordillère : la route que nous empruntons (par le Paso de Jama, 4200m) est somptueuses, des paysages de plus en plus désertiques, des salars, et des couleurs magiques. Un décor très minéral donc, où l’on croise des lamas et des vigognes, et des fois quelques touristes ou camionneurs, toujours sympathiques avec nous. L’altitude se fait sentir : léger mal de crâne, essoufflement pour préparer le petit déjeuner, etc.…. Mais a notre allure (4km/h), on s’acclimate au fur et a mesure, et on mâchouille allègrement des feuilles de coca, habitude très culturelle ici. Tous les jours, un vent violent se lève dans l’après midi, venant en général de l’endroit précis ou nous voulons aller (c’est alors du 7 km/h sur le plat) La nuit, il fait très froid, et le matin, l’eau gèle instantanément dans le bol qu’on veut laver. On apprécie donc particulièrement le soleil, lui qui tape fort dans la journée. Avec tout ça, l’appareil photo est devenu très capricieux.


L’ascension du Licancabour (5970m) 

Notre séjour au Chili ne durera pas longtemps.  A plus de 4600m, nous préférons entrer directement en Bolivie, sacrifiant une descente de 2000m vers San Pedro de Atacama (l’argument étant qu’il aurait fallu les remonter…) Nous passons donc en Bolivie sans tampon chilien, mais le douanier le cherche un peu mais se montre compréhensif.

Nous arrivons dans une réserve naturelle somptueuse, avec des lagunes aux couleurs étranges (Verde, Blanca, Colorado), des flamands roses,…un endroit magique dominé par un volcan mythique : le Licancabour (son cratère était le lieux de sacrifices Incas). Arrivant de bonne heure au refuge, nous préparons son ascension pour le lendemain. Nous trouvons un guide, deux sacs a dos… reste les chaussures : en cherchant bien, on me déniche une vielle paire, deux pointures trop grandes ; quand a Benoît, il va monter avec ses calles pieds automatiques Shimano ! (il y a de la neige, mais la montée ne comporte pas de difficulté technique)

Nous voila fins prêts, on veut se coucher tôt, mais ce soir, 25 fevrier, c’est carnaval ! Dans ce coin reculé ou vivent une trentaine de personnes, cela se traduit surtout par de la musique très forte (avec cd unique) et les hommes boivent beaucoup de bière « Salta ». On fini par s’endormir. A 3h, on est au rendez vous, mais on apprend que notre guide vient de vomir, il n’est pas « en bonne condition » pour monter ! Bon ! Un autre homme est réveillé pour nous : c’est Fransisco, qui sera notre guide ! Soit ! Il lui manque un gant, mais il a l’essentiel : un grand sac de coca qui va l’aider a surmonter la fatigue. Nous voila donc partis, tout doucement, puis plus vite : Fransisco s’appercoit qu’on est en très bonne condition physique (cela fait plusieurs jours qu’on est acclimates a plus de 4000 mètres), il commence a couper les lacets dans la pente bien raide qui arrive au sommet ! Très éssoufflés, nous voila en haut. Nous n’en revenons pas : le jour s’est levé et le panorama est fabuleux. C’est grandiose ! Film, photos, et on redescend tranquillement, pour retrouver le tridem, qui a été sage pour une fois.


Des rencontres peu ordinaires…

Toujours rapides, certaines rencontres laissent néanmoins de sacrés souvenirs :

- Vu l’heure tardive, les militaires de Jujuy nous autorisent à planter la tente dans la caserne. Le lendemain, ils nous offrent le fameux mate de coca.

- Dans un village très reculé dans la montagne, on vient de finir notre (copieux) pic nique, quand un homme nous apporte un énorme bol de soupe (Locro).

- Elena, gérante d’un hôtel argentin a 3800, prévenue de notre passage par sa fille, nous invite : dîner, chambre, douche, petit déjeuner !). Comme ça !

- Apres un bain dans une source d’eau chaude a 35º (le tout a 4000m, avec un paysage époustouflant), des ouvriers boliviens nous proposent de venir avec eux dans leur campement (il n’y a rien d’autre a plusieurs dizaine de kilomètres, et le vent souffle très fort). Dans la toute petite pièce où ils vivent déjà a trois, il reste tout juste de la place pour nous coucher tous les deux, c’est parfait !

- Enfin des cyclo touristes ! (Aubin le français, un couple espagnol en VTT): beaucoup d’aventures a partager, de conseils a échanger.

- Hier, un orage éclate, on éventre une sacoche en roulant un peu vite sur la tôle ondulée. On cherche un refuge d’urgence : les ouvriers d’une mine d’argent nous autorisent a dormir dans leur réfectoire, nous offrent un café.


Une histoire de pneu

Tous barbus que nous sommes, nous faisons quelques erreurs, comme partir dans un semi désert sans pneu de rechange. Or les pistes de Bolivie sont parfois très méchantes, et nous essayons toutes les astuces pour prolonger la vie de nos trois petits : rustines, collage ou couture de pièces trouvées sur la route, fonte de plastique ou compresse a base de chambre a air,…) mais quand la trame est morte, c’est difficile de lutter, un « œuf » se forme inévitablement et éclate. A 40 km du prochain bled, on tente une nouvelle réparation, quand un 4x4 passe. Vite, on saute sur l’occasion, tirage a pile ou face éclair : Benoît part a la recherche d’un nouveau pneu, et je reste avec tout le matériel, bricolant une nouvelle fois le pneu. On ne se retrouve que 24h plus tard : j’ai avance comme j’ai pu, poussant parfois le tridem sur une piste sableuse et dirigeant avec une corde, Benoît vient a ma rencontre en marchant, 2 pneus d’occasion qu’il a réussi a emprunter autour du cou. Finalement, deux villages plus loin, on fini par trouver un pneu neuf (chinois, bien sur !)


Nous voila redescendus sur terre, enfin plus exactement à Uyuni, au bord d’un salar inondé (que nous ne pourrons donc pas traverser), 3600metres au dessus de la mer.

Direction Oruro, La Paz, puis Lima au Perou. Il parait qu’il y aura bientôt du goudron sur la piste ! Les photos ne viendront que plus tard, en tout cas la course entre nos kilomètres et le nombre de visites sur le site est lancée. Nous avons toujours un peu d’avance…


Ambroise


PS : nous recherchons un dentiste pour la suite du voyage


 

Dernière mise à jour : ( 06-03-2006 )
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