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De Bamako à Ouagadougou Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Contant   
03-01-2006
Joyeux noël à tous, j’espère que le père noël a été sympa. Ici, il fait un peu chaud, la temperature descend peut-être à 15° la nuit, ce qui n’empêche pas les africains de faire des feux pour se réchauffer. Nous ne voyons aucune guirlande dans la rue, la route est en latérite et les pères noël sont noirs ! Nous avons 7200 km au compteur (soit deux fois plus que 3600… et deux mêmes pneus !)


Revenons sur cette histoire de bus entre Kayes et Bamako: la route que nous voulions prendre au Maroc et qui coupe le désert était fermée car la frontière est gardé par l’armée qui ne laisse personne passer (de toute façon la piste aurait été impraticable avec notre engin une roue motrice) nous avons donc longé la cote, chemin plus long. Puis tant qu’à faire, nous avons poussé jusqu’au Sénégal. Ayant du retard, nous avons pris ce bus et… en arrivant à Bamako, un e-mail nous apprenait que notre avion au Bénin était annulé, faute de réservations ! La compagnie s’excusait de la gêne occasionnée ! Finalement nous prenons un avion de Niamey au Niger le vendredi 13 janvier pour prévenir tout risque (nous avons gardé la même agence de voyage qui reste deux fois moins cher). Finalement, nous avons beaucoup moins de km à pédaler donc nous prenons notre temps. Toutes les occasions sont bonnes pour s’arrêter, nous avons fait rebraser notre porte bagage (vous savez, arraché par un fil électrique sur le toit d’un bus en arrivant à Bamako) Un matin, après 20 km, nous retrouvons des français rencontrés au Maroc et passons la journée avec eux, au bord de la chute de Farako, à buller. Il n’y a pas grand-chose à voir dans la région et nous voyons des touristes accompagnés de guide venir en mini bus pour photographier cette chute de 2m ! Ici la vie est moins chère et nous mangeons dans des gargottes pour quelques dizaines de centime d’euros. Le nom des villes fait rêver : Koudougou, Sidéradougou, Dédougou, Ferkessédougou… dur de ne pas confondre. Nous avons rencontrés deux français à vélo, qui cherchait le lac de la guinguette. Nous les avons suivis et passés l’après midi avec eux. Nous avons du prendre des pistes, enfin un peu de tout terrain. Nous avons déjeuné à l’entrée du parc. Je ne vous raconterai pas que des militaires nous ont demandé une amende (NdA, comprendre ici bakchich). Ils étaient trois, le premier avait un lance pierre, le second une barre à mine et le dernier une kalach. Devenant menaçant, nos amis toubab ont payé…


Nous avons été « reçus » à Bobo par un V.I.E. (anciennement appelé coopération) français. Il n’avait même pas commencé son emménagement. Il n’était pas là, ce qui ne nous pas empêcher de nous installer. Nous l’avons attendu toute la journée. Nous avons passé la journée du 24 à préparer ce qui serait notre noël : petit dîner sympa, à la française. A la messe, nous avons appris que Jésus était né dans une grotte dans la brousse ! Nous étions entassés comme des sardines, seuls toubabs de l’assemblée. Nous sommes parti au bout de 2h, la messe en a duré 4. Tout n’est pas rose ici. L’équivalent du smic est à 35 € par mois. Certains s’exploitent entre eux : une burkinabé aisée cherchait une nounou pour sa fille. Elle devait être présente de 5h à 18h pour un salaire de 8€ par mois… et elle a trouvé. Il y a tellement peu de travail que les gens sont prêt à faire n’importe quoi. Je crois maintenant les associations qui disent qu’avec 10€ par mois, on peut faire vivre quelqu’un. Mais les gens gardent le sourire, les femmes s’habillent bien et ont une certaine classe. A force de porter des charges de 30 kg sur la tête, elles musclent cou et dos et se tiennent bien droites ! J’ai enfin été demandé en mariage (je désespérais de mon cas) par la maman d’une fille de 10 ans (très mignonne…) qui mendiait dans la rue. Demain nous repartons pour Ouagadougou où nous comptons fêter le réveillon.

Dernière mise à jour : ( 03-01-2006 )
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